Sous
l'impulsion de Claude Bez dans l'équipe dirigeante, d'Aimé Jacquet sur
la touche et d'Alain Giresse sur le terrain, les Marine et Blancs
allaient se construire un fabuleux palmarès. Cette domination se
traduisit par trois titres de Champion de France (1984, 85, 87), deux
victoires en Coupe de France contre Marseille en 1986 (2-1 après
prolongation) et en 1987 (2-0) et une participation sans discontinuer,
aux Coupes européennes de 1982 à 1989. Avec, comme sommets, deux
accessions en demi-finales.
D'abord en 1985 en Coupe des Champions où la Juventus de Turin,
victorieuse chez elle (3-0) frôla l'élimination à Bordeaux où les
Girondins l'emportèrent par 2 buts à 0. Ensuite en 1987, en Coupe des
Coupes où Leipzig s'imposa au match retour, après une dramatique séance
de tirs au but.
Cette décennie était marquée du sceau des grands joueurs au
scapulaire. Avec Giresse et Tigana en chef de file, on retrouve :
Audrain, Battiston, Bourdoncle, Chalana, De Bono, Delachet, Domenech,
Dropsy, Fargeon, Ferreri, Gimenez, Girard, Gnako, Hanini, Lacombe,
Lassagne, Lopez, Malbeaux, Martinez, Memering, Muller, Pascal, Reinders,
Roche, Rohr, Specht, Thouvenel, Touré, Trésor, Tusseau, Vercruysse, Zl.
Vujovic; Zo. Vujovic et Zénier.
Les moments forts
Les Girondins de
Bordeaux du Président Claude Bez et de l'entraîneur Aimé Jacquet
auront tout connu sauf la joie d'un sacre continental. Trois titres de
Champion de France, deux Coupes de France et une multitude d'exploits
sur la scène européenne sont les grands faits d'armes de cette époque
chère aux amoureux des Girondins. A deux reprises, Alain Giresse, le
capitaine, Jean Tigana, le combattant, et leurs coéquipiers ont presque
touché leur rêve européen. La seconde fois, c'était à Leipzig, en
demi-finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupes lors de la cruelle séance
de tirs aux buts.
Mais la plus belle de
toutes, celle qui reste dans les mémoires écrite à l'encre indélébile
est la demi-finale de la plus prestigieuse des compétitions de l'UEFA,
la Coupe des Clubs Champions, contre la Juventus de Turin le 25 avril
1985. Au match aller, au Stadio Communale de Turin, les Girondins sont
apparus trop respectueux, presque intimidés ; ils sont repartis avec 3
buts à remonter. Au match retour, le Stade Lescure a fait le plein de
forces vives avec 42 000 spectateurs (record du Stade). France Football
écrivait alors : " Les Turinois ont semblé empruntés, presque
friables. Juste retour des choses pour une revanche passionnante. Un
combat tous azimuts qui n'a cessé pendant 90 minutes. Combat de tous
les instants entre les meilleurs amis du monde, Platini et Battiston, et
une multitude de combats qui auront démontré combien l'écart est
infime. "
Le Stade Lescure n'a
jamais connu pareille affluence dans ses travées. Il faut se rappeler
le premier match européen de l'ère Jacquet face à Hambourg où les coéquipiers
de Marius Trésor avaient eu à faire à un maigre public. La Juve est
prévenue, le combat sera âpre. En quatre-vingt-dix minutes, les
Girondins ont bousculé la " Vieille Dame ", ils ont même
failli la renverser grâce à une volonté farouche de réussir et une
organisation tactique irréprochable. Rohr s'est chargé de Platini en
individuelle stricte sur toute la longueur du terrain, Girard n'a cessé
de récupérer des ballons et d'attaquer, Giresse a distribué le jeu à
sa guise, Tigana a réalisé un match monstrueux d'engagement et de don
de soi. Thierry Tusseau, placé en faux latéral gauche, a percuté le
bloc défensif turinois sur son flanc le plus faible. La domination des
Marine et Blancs était telle qu'ils ont tiré 26 fois au but contre
seulement 7 tirs Turinois. Dès la 25ème minute, Müller a mis ses coéquipiers
sur la bonne voie en trompant, d'une frappe en pivot, Bodini. Mais les
Girondins ont du attendre la 80ème minute pour parvenir à battre le
portier transalpin. Battiston, dans l'axe du terrain, s'avance, les
joueurs italiens sont sur le reculoir et le défenseur bordelais en
profite pour décocher une frappe, des 30 mètres, d'une rare violence
qui heurte le poteau gauche de Bodini avant de franchir la ligne de délivrance.
Les Bordelais poussent, les Italiens paniquent. Tigana a une balle de
match au bout du crampon mais Bodini s'arrache pour sauver son camp.
Lescure est prêt à chavirer mais les Turinois ne craqueront pas et le
rêve s'envole.
Les joueurs qui ont participé à cette grande page de l'histoire
girondine sont les suivants : Dropsy, Thouvenel, Specht, Battiston,
Tusseau, Girard, Tigana, Giresse, Rohr, Chalana, Lacombe et Müller. |