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L'intermède de la Guerre
Les Girondins venaient de goûter au professionnalisme. Ils n'allaient plus l'abandonner si l'on excepte la saison 1943/44 au cours de laquelle le Colonel Pascot qui dirigeait alors le sport en France avait crée les équipes fédérales, des formations factices voulant représenter une région (Bordeaux-Guyenne, Lille-Flandres, Paris-Capitale, Toulouse-Pyrénées, etc...). Les Girondins en profitèrent pour devenir champions de France amateurs aux dépens de Cannes battu 2 à 1.

Le premier trophée
Mais déjà, les Girondins étaient parvenus à se faire un nom dans le football français, grâce, notamment, à leur victoire acquise en Coupe de France en 1941. La France étant alors divisée par l'occupant en trois parties (zone occupée, zone libre et zone interdite), les Bordelais disputèrent trois finales face à des adversaires différents. Ils les gagnèrent toutes les trois contre le Red-Star (3-1), Toulouse (3-1) et Fives (2-0).

Les moments forts
1940 ! Provisoirement les combats ont cessé sur le territoire de la France Métropolitaine, mais les Allemands occupent une partie de notre pays. Dans un calme relatif, les compétitions reprennent mais adaptées aux nécessités du moment. C'est ainsi que la Coupe de France qui a repris son nom d'origine, Coupe Charles Simon, est organisée séparément dans les trois zones existantes : zone occupée, zone non-occupée et zone interdite avec une finale pour chacune. Nos Girondins sont tout naturellement engagés dans l'épreuve de zone occupée. Ils parviennent en finale sans avoir été vraiment inquiétés. Pour remporter le trophée, les hommes au scapulaire doivent disputer trois finales, illustration de la situation géopolitique de la France.

La Finale de la Zone occupée
Le dimanche 13 avril 1941, c'est donc le grand jour. Au Parc des Princes, les Girondins viennent affronter la formidable équipe parisienne du Red Star Olympique, leader du Championnat. Plus de 30 000 spectateurs sont là pour assister à la victoire de leurs favoris. Pourtant c'est l'inter gauche bordelais Pruvot qui ouvre le score au bout d'un quart d'heure de jeu : une descente de Arnaudeau sur son aile gauche, une passe en retrait à Rummelhardt qui sert Pruvot dont le shoot aboutit dans la lucarne des buts de Da Rui irrémédiablement battu. Seule la classe du goal parisien permet à son équipe de ne pas encaisser de nouveaux buts avant la mi-temps. Jouant prudemment après le repos avec leurs inters nettement repliés, les Girondins ne procèdent plus que par contre-attaques, misant uniquement sur la vitesse de leurs ailiers et sur la puissance de Urtizberea. A dix minutes de la fin, un tir de ce dernier est dévié par l'arrière parisien Vandooren sur Szergo ; l'ailier droit " marine et blanc " seul devant Da Rui n'a aucune peine à le battre pour la seconde fois. Malgré la réussite de l'inter parisien Padron qui reprend de près une balle lâchée par Gérard, c'est le junior Arnaudeau qui, bien lancé par Urtizberea, prend son adversaire direct de vitesse, et d'un tir sec des vingt mètres bat, à la dernière minute, Da Rui pour la troisième fois.

La Finale méridionale de Colombes
La Fédération Française de Football ayant obtenu des autorités occupantes la possibilité d'une confrontation entre les vainqueurs des finales de trois zones, le dimanche 18 mai à Colombes, les Girondins sont opposés au Toulouse FC vainqueur de la zone non occupée. Avec une équipe truffée d'internationaux de renom, Schmitt, Diagne, Curt Keller, Dupuis, Zatelli, les haut-Garonnais sont favoris. Mais, comme contre le Red Star, les Girondins partent en trombe et, dès la 4ème minute, ouvrent le score par un tir à bout portant de Pruvot qui a repris une tête de Urtizberea sur un corner du " spécialiste " Szergo. A la 29ème minute, l'ailier droit bordelais s'échappe le long de la touche, fait un long centre qui aboutit à Arnaudeau dont le tir du droit va au fond des filets. Ce n'est qu'à deux minutes de la mi-temps que les Toulousains réduisent la marque par leur inter Dolly qui subtilise le ballon à Gérard et à Mancisidor tous deux à terre, et l'envoie dans les buts vides. Dix minutes après la reprise, Arnaudeau est fauché par l'arrière droit adverse Marek, dans la surface de réparation. Il tire lui-même le penalty, mais trop mollement dans les mains du goal toulousain. L'ailier gauche bordelais se rachète à la 77ème minute quand, complètement démarqué et recevant une balle de Urtizberea, il assure définitivement la victoire de son équipe. Celle-ci, d'ailleurs, continue à mener le match tambour battant et, à la dernière minute, Lopez rate le 4ème but en tirant de peu à côté alors qu'il se trouvait seul devant le gardien.

La troisième finale
C'est à Saint-Ouen, le dimanche suivant, que celle-ci se déroule devant 15 000 spectateurs à peine. Le public n'y croit pas et ne sait pas non plus grand chose du S.C. de Fives, le nouvel adversaire des Girondins. Les nouvelles de la zone interdite sont rares et il n'est pas facile de s'y rendre. L'équipe nordiste arrive cependant précédée d'une forte réputation et une fois encore, malgré leurs récentes victoires, les " marine et blancs " ne sont pas favoris. La partie ardemment disputée est assez égale jusqu'au repos atteint sur un score vierge. Pourtant l'ailier Waggi, le plus dangereux des avants nordistes, a raté trois belles occasions, et, du côté des Girondins, Pruvot a marqué un but refusé pour un hors-jeu, Szergo a été fauché dans la surface de réparation sans que l'arbitre réagisse et le poteau renvoya un tir de Lopez consécutif à un corner de Arnaudeau. En seconde mi-temps, les Girondins accentuent leur pression : sur un tir de Urtizberea, le poteau sauve encore les Nordistes qui, pourtant, ont failli ouvrir le score par leur avant-centre Van Caeneghen contré in extremis par Homar, l'arrière droit bordelais. Mais, au bout d'heure de jeu, Urtizberea, qui n'avait pas eu l'occasion de scorer lors des deux précédentes rencontres, a sa récompense : il ouvre la marque en reprenant de près un centre de Szergo. Coup de théâtre : à un quart d'heure de la fin, Ben Ali touche le ballon de la main dans la surface de réparation. Tout est remis en question, car logiquement le penalty qui s'ensuit doit amener l'égalisation. Hélas pour les " hommes du Nord ", leur inter droit Dudziack, chargé d'exécuter la sentence suprême, envoie le ballon à côté. Et c'est Urtizberea qui, à la 83ème minute, assure définitivement la victoire des couleurs " marine et blanc " en détournant dans les filets un nouveau centre de Szergo. La Coupe est remise aux Girondins le lundi soir 26 mai au siège de la Fédération, 22, rue de Londres à Paris. Pour la première fois, mais hélas ce sera aussi la dernière pour un très long moment, le célèbre trophée venait à Bordeaux. Retenons donc le nom des héros de ces trois finales : Goal : Gérard - Arrières : Homar, Mancisidor - Demis : Ben Ali, Plesiak, Rummelhardt - Avants : Szergo, Lopez, Urtizberea, Pruvot, Arnaudeau. Seul Lopez n'a pas joué la finale de la zone occupée contre le Red Star : c'est Boumezrag qui tenait ce jour-là le poste d'inter droit.