La
création
Les Girondins de Bordeaux qui allaient devenir le club-phare du football
français des années 1980 sont nés le 1er octobre 1881, rue
Sanche-de-Pommier, dans le ventre de Bordeaux. A quelques encablures du
grand marché des Capucins et de la place Saint-Michel où s'achevaient
les chaudes soirées de la jeunesse d'alors. Quelques mordus de sport décidèrent,
ce jour là, de créer les Girondins-Omnisports. On y pratiquait la
gymnastique, la natation, l'aviron, le tir, les sports équestres, la
course à pied, la boxe et l'escrime. Le football arrivera 39 ans plus
tard, en 1920. D'une manière assez désastreuse puisque les Girondins
perdirent leur premier match face à la section Burdigalienne sur un
score de 12 à 0 indiquant, très clairement, qu'un gros travail restait
à effectuer.
Les premiers pas du
football
Les Bordelais devaient réaliser leurs premières prouesses lors de la
saison 1931/1932 en atteignant les huitièmes de finale de la Coupe de
France. Opérant en première série de la Ligue du Sud-Ouest, ils
furent éliminés le 7 février 1932 par l'Olympique Lillois, 1 but à
0. Lille allait devenir, l'année suivante, le premier champion de
France professionnel. Les Girondins attendirent encore cinq ans pour
effectuer le grand saut. Le 17 octobre 1936, le club devenait les
Girondins de Bordeaux FC. Il posait, tout aussitôt, sa candidature au
groupement professionnel. Le 8 juin 1937, les Girondins de Bordeaux F.C.
étaient admis dans le groupe B de la seconde division. Ils disputèrent
leur premier match professionnel le 22 août 1937 à Toulouse. Et ils
perdirent par 3 buts à 2. Peu avant, ils étaient devenus champions de
France amateurs en battant en finale Scionzier (2-1) le 23 mai 1937.
Les moments forts
En 1936, les Girondins ont depuis un bon quart de siècle un Secrétaire
Général ambitieux en la personne de Raymond Brard. Il veut faire de
son club le plus grand club de Bordeaux et du Sud-Ouest. Il réussit à
obtenir la signature des principaux joueurs de l'équipe qui domine
alors le football bordelais : le FC de Bordeaux. La guerre civile
d'Espagne va lui donner l'occasion de compléter cet effectif par
d'authentiques vedettes internationales telles que Jaime Mancisidor et
Santi Urtizberea et de réaliser le plus beau transfert de leur
existence en engageant comme entraîneur Benito Diaz, l'ex-coach du Real
Societad de San Sebastian. Alors en division d'honneur de la Ligue du
Sud-Ouest, les Girondins partent à la conquête de la gloire. Ne
perdant que 2 rencontres sur les 18 de la saison, et ayant remporté les
16 autres, ils conquièrent aisément le titre régional et s'ouvrent la
route du championnat de France.
Dans leur poule éliminatoire,
ils viennent facilement à bout du Champion de la Ligue du Sud-Ouest et
de celui de la Ligue du Midi, atteignent les demi-finales où le Stade
Morlaisien, un peu plus coriace, doit à son tour baisser pavillon
devant nos Marine et Blancs. Cette finale, à laquelle accèdent ainsi
les Girondins, se joue à Colombes le dimanche 23 mai 1937, devant la
grande foule, en lever de rideau de France-Irlande. Leur adversaire est
le FC de Scionzier dont l'attaque est redoutable. Nos représentants
doivent d'abord subir la loi des champions du Lyonnais et les arrières
ont du mal à enrayer leurs attaques, surtout celles de l'inter gauche
Cavalli. Mais bien vite, ils se reprennent et, à la 26ème minute,
Urtizberea, le dos tourné au but, de volée, ouvre la marque. Cet
avantage est détruit aussitôt par le dangereux Cavalli, qui, sur
corner, égalise. A plusieurs reprises, le goal bordelais doit
intervenir pour sauver son camp. L'attaque girondine, rassurée ainsi
sur ses arrières, repart de plus belle et, à la 66ème minute,
Urtizberea bien servi par Massé tire violemment. Le goal adverse
repousse, mais, de volée, Catherineau loge le ballon dans les filets,
donnant la victoire à son équipe. Pour la première fois dans
l'histoire du football, un titre national est remporté par un club du
Sud-Ouest.
Les hommes au scapulaire
sont : Gérard, Popovici, Mancisidor, Dutour, Bazinette, Nalet, Massé,
Urtizberea, Catherineau, Larnaudie et Miramon. |