Les Girondins reçoivent depuis 1999 de l'argent de Canal +
samedi 7 décembre 2002

La chaîne cryptée verse 250 millions d'euros à six clubs au cas où ils deviendraient propriétaires de leurs droits TV.

Canal + verse depuis 1999 des sommes d'argent à six clubs de football, le Paris SG, Marseille, Bordeaux, Lyon, Monaco et Lens, pour un montant global de 250 millions d'euros sur sept ans, contre un « droit d'option prioritaire » dans le cas où ces clubs deviendraient propriétaires de leurs droits TV, a révélé « le Monde » daté de samedi. Le quotidien cite un contrat signé le 15 avril 1999 entre Canal +, les six clubs et le groupe Jean-Claude Darmon, chargé de répartir les sommes entre eux : « Chaque club consent à Canal + un droit d'option prioritaire pour acquérir les droits d'exploitation de tous les matches, notamment du championnat de France, dont les clubs ou toute personne mandatée par eux deviendraient ou seraient reconnus titulaires. » En échange, Canal + s'est engagée à verser aux clubs, via le groupe Darmon, 18,29 millions euros avant le 31 décembre 1999, puis 28,96 millions en 2000, 32 millions en 2001, 35 millions en 2002 et 45,73 millions de 2003 à 2005, soit un total de 250 millions en sept ans, précise « le Monde ». Hier, dans un communiqué, Canal + a confirmé l'existence de ce contrat, qui obéit selon elle à un « principe de précaution ». Canal + estime que « le montant de ces options est proportionné » à ceux que « les chaînes sont amenées à verser chaque année pour obtenir la diffusion de tels matches ». Actuellement, en vertu de la loi Buffet, c'est la Ligue de football professionnel (LFP), et non les clubs, qui négocie et détient les droits audiovisuels. Les clubs professionnels entendent cependant faire modifier ce système, et en ont appelé au ministre des sports, Jean-François Lamour. « Cet accord n'est pas en opposition avec le système de vente centralisé actuel, car six clubs seulement l'ont signé. Si nous avions fait signer les vingt clubs, alors oui, nous aurions été en concurrence avec la Ligue », affirme M. Darmon, cité par « le Monde ». « Le droit peut encore changer et c'est la sécurité de Canal + d'avoir accès dans le futur à la compétition des images », estime de son côté Xavier Couture, président de la chaîne cryptée. Vivendi Universal, actionnaire majoritaire de Canal +, se serait inquiété de cet accord, qui n'offre aucune garantie à la chaîne.

(Sud Ouest)