La malchance n’excuse pas tout
vendredi 6 décembre 2002

Mercredi soir, les Girondins se sont inclinés pour la troisième fois consécutive (Anderlecht, Auxerre, Le Havre) sans marquer un but. Le mal est latent et ronge les esprits, à commencer par celui d’Elie Baup. Mais les chiffres ne plaident pas en faveur des Bordelais à l’heure de défier Montpellier.

Lorsque Elie Baup, au coup de sifflet final normand, lance que « nous sommes dans une véritable série noire », ou lorsqu’au lendemain de sa septième défaite en championnat, il constate que « l’équipe s’est procurée beaucoup plus d’occasions que ces deux derniers adversaires », il n’a pas forcément tort. L’exemple le plus marquant est donné par Pauleta, qui rate une nouvelle fois mercredi face au Havre une occasion en or, comme il avait pu le faire par deux fois à Nantes lors de la 13eme journée. Des défaites ou des nuls qui se dessinent à quelques centimètres près. Baup de compléter : « Les Havrais sont venus une fois dans notre camp et ont marqué. A Auxerre, on prend un coup-franc de trente mètres alors que nous étions costauds, en place. Nous avons vécu deux matchs similaires. »

Certes, le mieux a existé lors des deux dernières sorties bordelaises. Mais contre Anderlecht (défaite 0-2), ce fut catastrophique. Et contre Ajaccio il y a dix jours, pour la victoire 1-0, pathétique. La chance avait plutôt rejoint ce jour-là le camp girondin et les Corses auraient pu prétendre à beaucoup mieux. Aucun vaudou n’a donc jeté de sorts. Et à regarder de plus près, le tableau de chasse bordelais est révélateur. Pas une seule victoire contre l’un des huit premiers… Les six succès bordelais, en se basant sur le classement de la 18eme journée, n’ont été conclu que contre des mal-classés : Lille (12e), Montpellier (20e), Troyes (19e), Lens (9e), Rennes (17e) et Ajaccio (18e). Les confrontations avec les équipes de haut de tableau ont par contre toujours mal tourné pour les hommes de Baup : défaites à Marseille, Lyon, Auxerre, et nuls à domicile contre le PSG et Monaco. Un cumul de résultats qui établit une certaine logique pour donner le bilan bien maigre d’un prétendant au titre. La malchance ne peut absolument pas tout excuser.

Alors comme toujours, l’idée générale du côté du Haillan est de « continuer à travailler ». Elie Baup, pas encore réellement menacé, accepte les risques liés à sa position : « Cela fait partie des règles du jeu pour un entraîneur. La période est toujours délicate quand il n’y pas de points, ni de résultats. Il faut essayer de trouver la clé pour prendre des points et gagner. Quand on est entraîneur, on se creuse la tête pour changer les choses, booster les joueurs. En tous cas, je constate qu’il y a une réelle volonté d’équipe à Bordeaux. J’ai rarement vu à la fin des matchs des joueurs aussi abattus, aussi concernés, aussi déçus pour le club. » Déçus comme tous les supporters, qui continuent à croire en leur équipe mais qui s’impatientent. Et les échéances à venir ne sont pas évidentes : déplacement à Montpellier en Coupe de Ligue, déplacement à Anderlecht pour une hypothétique qualification en UEFA, puis Nice et PSG en championnat. Les quinze prochains jours des Girondins vont s’avérer déterminants.

(Football365)