Bordeaux s'enfonce lentement, loin de ses objectifs
vendredi 6 décembre 2002

Lentement, presque sans faire de vagues, les Girondins de Bordeaux s'enfoncent dans les profondeurs du classement de Ligue 1 de football, s'éloignant de plus en plus de l'objectif avoué du président néophyte, Dominique Imbault, qui avait déclaré viser le titre.

Sur le plan purement comptable, en tenant compte du contexte d'un championnat un peu fou où tous les renversements de situation sont possibles, la situation des Girondins n'est pas catastrophique. En revanche, malgré les coups de gueule du capitaine Christophe Dugarry, c'est la capacité de réaction du groupe qui suscite le plus d'interrogations.

A huit points du premier européen, Bordeaux peut encore espérer remonter au classement. Mais, pour cela, le groupe devra retrouver une fraîcheur physique et psychologique qui lui fait cruellement défaut, comme l'attestent ses trois dernières défaites consécutives, à domicile contre Anderlecht en Coupe de l'UEFA (0-2), puis à Auxerre (1-0) et au Havre (1-0).

Malgré les circonstances, Elie Baup se cantonne dans un discours sécurisant teinté d'optimisme. "C'est une période délicate. On reste sur deux défaites consécutives (en Ligue 1) après deux matches où on a vu beaucoup de participation des joueurs, beaucoup de bonne volonté et où l'on n'est pas récompensé", estime ainsi l'entraîneur des Girondins pour qui il faut "ne pas baisser la tête".

Trouver la clé

"Il faut continuer pour essayer de trouver la clé. Sur les deux derniers matches, il y a beaucoup d'engagement au sein de l'équipe. Il y a eu une période où l'on sentait ce groupe moins actif, moins dynamique (...) C'est dans la difficulté et dans la douleur que l'on peut trouver des solutions (... ) C'est dans les moments difficiles qu'il faut trouver les forces au fond de soi-même", ressasse Elie Baup comme pour se convaincre.

Si l'on insiste, l'homme à la casquette va quand même plus loin dans son analyse. "Un vent de révolte a été insufflé depuis quelques temps. Il faut insister encore, pour que cette révolte soit encore plus puissante, plus forte, plus meurtrière. J'ai été parfois très en colère par rapport aux prestations de l'équipe. Sur ces derniers matches, je le suis moins. J'ai rarement vu à la fin des matches des joueurs aussi abattus, aussi consternés et aussi déçus. Il faut pousser pour que cela tourne dans l'autre sens".

Pour que la roue tourne il faudra que les Girondins, qui pèchent malgré pléthore d'attaquants, retrouvent le chemin des filets. Ensuite, il sera toujours temps d'envisager aller gagner à l'extérieur où les Bordelais ne se sont plus imposés depuis leurs deux premiers déplacements, en août dernier.

(AFP)