Ca devient désespérant
jeudi 5 décembre 2002

Les Girondins de Bordeaux, pourtant auteurs d'une partie solide et solidaire, ont concédé une nouvelle défaite au Havre. A cause d'une grossière erreur de défense. Comme toujours.

Décidément, les Girondins n'y arrivent pas. Pourtant venus au Havre fermement décidés à renouer avec la victoire, ils ont concédé leur sixième défaite en déplacement, s'inclinant 1 à 0 sur un but de Diawara. Face à une équipe qui n'avait jusqu'ici battu que Sochaux sur sa pelouse. Ce revers leur a certainement laissé un goût amer au fond de la bouche. Les hommes de Baup dominèrent en effet l'essentiel de cette partie. Ils livrèrent une prestation d'excellente tenue, sans rapport avec ce qu'ils avaient montré le samedi précédent. Vifs, déterminés, incisifs, ils évoluèrent à un niveau physique autrement plus convaincant, prouvant leur envie de renouer enfin avec la victoire. Malheureusement, ils se condamnèrent par leur manque d'efficacité devant le but et par une grossière erreur de défense en début de deuxième période qui profita aux Havrais.
Dommage, car rarement les Bordelais n'avaient joué à l'extérieur avant autant de détermination qu'ils le firent en première période. Grâce à un pressing très haut sur le milieu adverse, ils dominèrent totalement leurs adversaires, sous l'impulsion d'un Smertin transfiguré, présent à tous les coins du terrain. Ils auraient dû, les hommes de Baup, concrétiser leur belles envies offensives avant la pause.
Ce ne fut pourtant pas le cas et les occasions qu'ils se procurèrent, au regard de leurs incessantes
cavalcades, parurent au final bien minces. Il est vrai qu'il fut difficile de se frayer un chemin au milieu des mailles serrées d'une équipe havraise évoluant en 4-5-1. Un tir contré de Smertin (24e), une déviation de Pauleta pour Feindouno (30e), s'affalant ensuite sur la pelouse glissante, alors qu'il filait au but, et un très bon centre de Jemmali (35e) ne pouvaient menacer Vencel.
Que manqua-t-il aux Bordelais pour trouver l'ouverture ? Un peu de lucidité au bout des rushes de Savio qui tenta beaucoup mais se trouva souvent rudoyé par l'athlétique Diarra. Un peu plus de qualité dans le pied d'un Feindouno trop imprécis. Au milieu de beaucoup de balles aériennes lancées en avant, Pauleta ne reçut que peu de ces munitions qu'il affectionne. Une seule faillit lui suffire pourtant, ce centre de Basto à la 39e. Mais, trop excentré pour éviter la sortie de Vencel, le canonnier des Açores tira sur le poteau... Cette domination stérile aurait pu être fatale aux Bordelais, lorsque Fauconnier, sur un ballon promptement relancé par sa défense, s'était joué de Planus et Smertin mais avait trop croisé son tir lobé (33e).
Malheureusement, les Girondins ne débutèrent pas la seconde période de la même manière. Moins vigilants, un peu plus laxistes, ils se firent piéger sur une faute d'inattention. Ce tir trop haut de Lesage isolé, sur un centre de Martot, aurait dû agir comme un avertissement sans frais (47e). Tout vint d'une balle en retrait de Sommeil beaucoup trop molle; Lesage intercepta le ballon et Ramé
du se coucher pour détourner le ballon. Mais sur le corner, Diawara, au deuxième poteau, s'éleva plus haut que Costa et percuta une tête victorieuse et bien amère pour les Bordelais (55e).
Baup sortit alors Planus au profit de Darcheville et réaménagea son équipe en 4-2-3-1, avec Caneira en défense centrale et Feindouno recentré derrière Pauleta. Cela ne changea pas grand-chose au destin des Marines qui, en dépit de la combativité de Meriem, continuèrent à dominer et à s'engluer dans l'âpreté de la défense normande. Il est juste dommage que Jemmali, provoqué par Beuzelin, perdit le contrôle de ses nerfs, laissant une nouvelle fois ses camarades à dix.

(T. Vautrat - Sud Ouest)