Les Girondins face à leur médiocrité loin de leurs bases
mercredi 4 décembre 2002

Depuis la cinquième journée de championnat et un 0-0 à Guingamp, Bordeaux n'a grappillé qu'un point à l'extérieur. C'était à Nantes, il y a un mois, pour un autre 0-0 cadenassé. Qu'il est loin, ce joli mois d'août, pendant lequel les Girondins avaient glané sept points sur neuf possibles en déplacement. Depuis lors, les désillusions sont légion. La dernière en date, à Auxerre, a tout de même la saveur du réconfort vu la qualité d'ensemble du jeu bordelais, trois jours après le non-match produit à domicile face aux Belges d'Anderlecht. En s'appuyant sur une arrière-garde renforcée par Caneira qui a fait l'essuie-glace devant la charnière centrale, l'équipe a étranglé les talents offensifs icaunais. Et c'est sur coup franc qu'elle a finalement cédé par le plus petit des scores. Elie Baup, qui s'apprête à reconduire le même dispositif en s'appuyant sur la polyvalence du Portugais, pense avoir trouvé là un remède à la friabilité défensive girondine. Un barrage à l'avalanche de buts encaissés en entame de match, jusqu'à cette illustration caricaturale du mal bordelais à Lyon, avec ce but de Govou à la première minute du match.

Défaite interdite. Mais tous les systèmes de jeu ne vaudront jamais une once de confiance et de solidarité retrouvée. Sur ce plan, les Girondins ont tout à prouver. Submergés à Lyon, sifflés à domicile face à Ajaccio dans la fébrilité d'une seconde mi-temps interminable, inexistants devant Anderlecht, encore défaits à Auxerre : le bilan de ces quinze derniers jours est tout sauf brillant. Alors qu'arrive le premier tour de Coupe de la Ligue, le week-end prochain à Montpellier, il est urgent de mettre la main sur un motif à sourire dans le secret du vestiaire.
Ce déplacement au Havre n'est peut-être pas la plus mauvaise des thérapies. Un peu paralysés sur leur terrain de Jules-Deschaseaux, les Normands restent sur un nul et deux défaites. Et même si elle vient d'enlever un joli succès à Ajaccio, l'équipe de Jean-François Domergue figure parmi les plus vulnérables du championnat. A moins de se diriger tout droit vers une crise jusque-là évitée, la défaite est donc interdite aux Bordelais.

(J.D. Renard - Sud Ouest)