Domergue craint Bordeaux
mercredi 4 décembre 2002

L'entraîneur-manager du HAC, le Bordelais Jean-François Domergue, vit une année difficile sur le banc normand. Mais l'espoir renaît après la victoire samedi à Ajaccio.

Il y a deux ans, le Bordelais Jean-François Domergue a pris les rênes du Havre Athletic-Club. A 45 ans, après une riche carrière de joueur commencée aux Girondins et des fonctions au sein du staff dirigeant de Caen et du Paris SG, il découvre cette année les affres du banc de touche sur les terrains de Ligue 1. Avec une indéfectible confiance dans le jeune groupe auquel il fait découvrir l'élite.

« Sud-Ouest » : Voyez-vous comme un déclic votre victoire, le week-end dernier, à Ajaccio ?
Jean-François Domergue : Nos quatre-cinq dernières semaines ont été intéressantes, dans le sens où on a essayé de produire du jeu et d'être efficaces. On l'a été sur nos déplacements, moins à domicile. Et ce déclic est venu, cette victoire à Ajaccio qui nous fait énormément de bien. Quand le travail est là, quand le groupe est impliqué et déterminé, quand personne ne lâche rien, ça finit par payer.

L'expérience qu'emmagasine votre jeune groupe paiera-t-elle en deuxième partie de saison ?
On a le groupe professionnel le plus jeune, avec une moyenne d'âge d'un peu plus de 23 ans. C'est la conséquence d'une politique sportive basée sur la formation, et qui privilégie l'implication de ces jeunes dans la vie du groupe professionnel. Ce groupe est en train d'acquérir une expérience, malgré les contre-performances. Une accumulation de petits détails qui va nous servir à force de travail, de continuité et de confiance.

Ne craignez-vous pas les conséquences d'un nombre conséquent de blessures dans un effectif très juste quantitativement ?
Depuis le début de la saison, nous sommes handicapés par les blessures. Hormis deux journées, je n'ai jamais pu m'appuyer sur la totalité du groupe. C'est très peu. On est desservis par pas mal de blessures de longue durée (1) et par des suspensions. Tout cela est venu perturber la vie du groupe.

Bordeaux n'a grappillé que deux points à l'extérieur depuis la cinquième journée. Est-ce une bonne affaire de recevoir les Girondins ?
Non. Bordeaux reste pour nous une référence dans le championnat de France. Bon nombre de clubs ont des difficultés en ce moment. Ce qui fait la force d'un club, c'est justement la capacité à rebondir. Bordeaux a tout de même un gros potentiel, l'équipe est constituée de joueurs de grande qualité. Même si Christophe Dugarry sera absent, il fait partie de ces individualités qui élèvent le niveau technique de l'ensemble. C'est une équipe qu'il faut craindre. Avec son passé, avec son expérience, elle est capable de retrouver une dynamique. On souhaite qu'elle ne la retrouve pas contre nous !

Comment expliquez-vous ce décalage entre les ambitions affichées par Bordeaux et ses résultats ?
Tout le monde a ses problèmes, du plus gros au plus petit budget. C'est ce qui fait tout l'intérêt du championnat. Le dernier peut battre le premier alors que, dans d'autres championnats, ce n'est pas envisageable. Et puis les ambitions sur le papier... L'important, c'est d'avoir un groupe déterminé, totalement impliqué dans l'aventure commune. C'est notre cas. On s'est donné un objectif défini, c'est le maintien. On part face à Bordeaux pour gagner.

Est-ce la première fois que vous allez vous asseoir sur le banc face aux Girondins de Bordeaux ?
La deuxième. Nous avions fait un match amical, à côté de Royan, face aux Girondins. Ca représente toujours quelque chose pour moi. Je suis né à Bordeaux, j'ai fait mes débuts aux Girondins en 1975, ça fait vraiment ancien combattant. C'est un moment très sympa que de retrouver Bordeaux. Peut-être l'émotion sera-t-elle plus grande pour moi au match retour, à Lescure. Je vais revoir des têtes connues. Et j'aurai le plaisir de croiser Elie (Baup), qui est quelqu'un que j'apprécie.
(1) Florent Sinama-Pongolle est absent pour blessure jusqu'à la trêve hivernale.

(J.D. Renard - Sud Ouest)