Le système qui rassure
mercredi 4 décembre 2002

Battus à Auxerre, les Bordelais ont néanmoins trouvé quelques certitudes et une confiance en leur nouveau système de jeu.

Quand l'horizon semble ne plus pouvoir s'éclaircir, quand l'obscurité demeure d'une terrible densité, on cherche la plus petite lueur d'espoir, pour y trouver des raisons d'espérer une vraie lumière. Ainsi, au-delà de la défaite concédée par les Girondins à Auxerre, la quatrième à l'extérieur cette saison, Elie Baup se réjouissait tout de même hier de la solidité défensive affichée par ses hommes tout au long de la partie, seulement prise en défaut par un coup franc de Cissé. L'entraîneur des Girondins trouva ainsi, sur la pelouse trempée de l'Abbé-Deschamps, beaucoup de motifs de satisfaction, en tout cas des réponses positives par rapport au système de jeu mis en place, en 4-1-4-1, avec Claudio Caneira placé juste devant la défense, solution expérimentée avec succès à Djurgardens.

L'idée de placer Caneira ainsi, derrière les deux milieux offensifs, est née de l'observation vidéo des buts encaissés à Marseille, Bastia et ailleurs. « Dans ce système, Caneira se transforme souvent en troisième défenseur central », explique l'homme à la casquette. « Il rentre bien dans les lignes. Cela permet à un défenseur central de s'occuper de la trajectoire du ballon, en sachant que Caneira prend l'un des attaquants adverses au marquage. A Auxerre, quand Fadiga était à la lutte avec Jemmali, Planus pouvait couper les trajectoires, en sachant que Cissé allait être pris par Sommeil et que Kapo allait être pris par Caneira, et Lachuer par Basto. Sinon, on aurait eu trop de un contre un et personne n'aurait pu s'occuper de la trajectoire du ballon. C'est ce qui nous a fait défaut depuis le début de la saison. »

L'adhésion des joueurs. Pour Elie Baup, le défenseur portugais possède le profil parfait pour s'acquitter de ce genre de mission, avec une intelligence tactique précieuse. « C'est l'un des postes où Caneira s'exprime le mieux, estime-t-il. Il amène une vraie force à notre défense. Cette solution permet de pallier des situations de centre. » Eduardo Costa reconnaît le côté positif du système. « Cela nous permet de presser plus haut, d'aller chercher les milieux défensifs adverses. » « Cela m'autorise à évoluer plus haut, à monter davantage », renchérit David Jemmali.
A ceux qui estiment cette mise en place trop restrictive, voire frileuse et peu propice à une bonne qualité de jeu offensif, l'entraîneur des Girondins réplique : « Les occasions ne doivent rien aux systèmes. A vingt minutes de la fin, j'ai fait rentrer Savio. On n'a pas été plus productifs pour autant. Les occasions viennent de la vitesse, de l'animation du jeu. Pour moi, ce système donne un certain équilibre à l'équipe. Je m'en tiens à cet équilibre qui permet aux joueurs offensifs d'être considérés comme des attaquants et pas forcément comme des milieux. Cela correspond à leurs qualités. Ce système reçoit en outre l'adhésion totale des joueurs. »
Propos confirmés par Christophe Dugarry et Pascal Feindouno. « Nous avons trouvé un système de jeu qui nous va bien et nous rassure », admet le capitaine bordelais. « Il permet aux joueurs de jouer avec leurs qualités et non pas contre nature. Nous devons insister dans ce domaine, car il peut s'avérer très performant. » « Pour moi, c'est mieux parce que je peux faire ce que je veux », assure le Guinéen. « Je peux rentrer dans l'axe et jouer en soutien de Pauleta. Quand je reçois le ballon, je me tourne et je repars. »
Les Girondins devraient donc s'en tenir à ce système en 4-1-4-1 jusqu'à la fin de la saison. « Il faut pouvoir s'appuyer sur quelque chose de fort, sur des repères précis pour renverser la tendance », lance l'homme à la casquette. « Si l'on avait eu tout le temps notre production auxerroise, on aurait pris des points. Maintenant, il faut positiver autour de ce match et essayer de progresser. » Avec, espérons-le, un résultat positif au Havre.

(T. Vautrat - Sud Ouest)