Pathétiques et impuissants
vendredi 29 novembre 2002

Humiliés à domicile, les Girondins sont pratiquement éliminés de la Coupe d'Europe. Il est temps de procéder à une sérieuse remise en question. Cela ne peut plus durer.

A moins d'un miracle et on ne voit pas comment il surviendrait dans le contexte actuel , les Girondins sont éliminés de la Coupe d'Europe avant même d'avoir disputé le match retour, dans quinze jours, à Bruxelles. Les statistiques sont formelles, presque aucune équipe battue 2-0 sur son terrain n'est parvenue à renverser la vapeur lors de la deuxième manche.
Après tout, les hommes de Baup l'ont bien cherché. Après avoir été pathétiques, ils se sont montrés impuissants. Aussi, le deuxième but d'Anderlecht est venu confirmer le malaise actuel. Il est temps de changer quelque chose.
En Coupe d'Europe, le postulat de départ est tout simple : ne pas encaisser de but à domicile. Dès lors, lorsque les Girondins sont menés 1-0 au bout de dix minutes, on se dit que les portes de l'élimination sont grandes ouvertes. Lors des vingt-cinq minutes initiales, les hommes de Baup vont alors être insignifiants. Pour ne pas dire pitoyables. Aucun mouvement, aucune accélération, des lancements de jeu d'une lenteur coupable et une qualité technique des plus médiocres. Comme si le schéma tactique adopté par Hugo Broos, un 4-1-4-1 pourtant cher à Elie Baup, ressemblait à un écheveau impossible à dénouer. Quel incroyable manque d'intelligence et de discernement !
Grâce à une grosse rigueur défensive, un marquage dans la zone impitoyable, les Belges ont pris possession du ballon et du jeu d'entrée. Sur un déboulé de Seol sur la gauche, embarquant Caneira comme à la parade, son centre est parfait au premier poteau. Sommeil est trop court. Pas Jestrovic qui file au nez à la barbe du jeune Planus, trop naïf sur l'action, pour placer une volée du droit imparable (10e). C'est le coup de massue à Lescure. Totalement justifié pourtant.
L'ire du public se mêle au déluge qui tombe soudain sur la pelouse. Et Bordeaux se montre toujours incapable de construire la moindre offensive. Le porteur du ballon n'a aucune solution, Feindouno se morfond sur ce flanc gauche qu'il abhorre et Darcheville attend en vain un ballon exploitable dans son couloir. Les Girondins finissent pourtant par enfin sortir de leur léthargie. Même si un sentiment d'impuissance se dégage ostensiblement. Peu à peu, ils vont se remettre sur les rails en écartant au maximum le jeu, les latéraux n'étant pas le point fort des visiteurs. Si Ilie réussit un joli sauvetage devant Pauleta (30e), Dugarry contourne son cerbère mais sa frappe est captée par Zitka (33e).

Si la malchance s'y met... Il y a du mieux. C'est incontestable. Plus de rythme, de mouvement, d'envie et d'agressivité. Les Bruxellois commettent alors de multiples fautes réprimandées à juste titre par l'arbitre. L'élan est retrouvé. Désormais, il faut marquer. Même si Bordeaux n'est pas transcendant à la reprise, Anderlecht a perdu de sa belle assurance. On croit d'ailleurs à l'égalisation lorsque Darcheville exécute une frappe parfaite sur coup franc qui s'écrase sur la transversale (53e).
Si la malchance s'y met aussi... Dès lors, De Broeck et ses partenaires acceptent la domination adverse et se calent bien en défense en érigeant un double mur très compact. Mais ils se font un devoir de jouer leurs coups offensifs à fond. Ce dont profite Bordeaux pour placer des contres. Darcheville est tout prêt d'y parvenir (60e). Car sur les centres, la défense belge qui culmine à 1,85 m de moyenne se régale.
En effet, seul Dugarry a les moyens de lutter à armes égales dans le secteur aérien, ce que lui permet sa position plus haute en deuxième période. Seulement, les minutes s'égrènent, l'état du terrain se dégrade, et on ne voit pas comment les Girondins vont trouver la solution pour préserver l'essentiel. L'impuissance est totale. Et dans le temps additionnel, les Belges vont faire boire à leurs adversaires le calice jusqu'à la lie. Sur un superbe mouvement à trois, Hasi conclut d'un tir du gauche avec l'aide du montant (90e + 1). Pour Bordeaux, l'Europe est finie.

(Sud Ouest)