Reçus cinq sur cinq ?
jeudi 28 novembre 2002

La coupe de l’UEFA est cette saison la bouffée d’oxygène des Bordelais. Les Girondins ont en effet remporté quatre matchs sur quatre dans cette compétition. Certes contre des adversaires de calibre moyen. Mais en proposant toujours un football différent de celui pratiqué en championnat.

La campagne européenne des Girondins a débuté par une confrontation facile, face aux Slovaques du Matador Puchov. Les Bordelais n’ont pas fait de cadeaux aux hommes de l’Est (4-1 ; 6-0) et se sont fait plaisir, en produisant du jeu. Puis ce fut le tour des Suédois de Djurgaarden, un adversaire d’un autre calibre toutefois bien maîtrisé. Une victoire brillante des Marine et Blanc à Stockholm (1-0), puis 2-1 à Chaban-Delmas pour la qualification. Seules les vingt dernières minutes du match retour à Bordeaux provoquèrent le courroux d’Elie Baup. Feindouno, jusque-là brillant et auteur des deux buts de son équipe, fut coupable d’un relâchement, « vendangeant » deux occasions franches.

Cette fois, ce sont des Belges qui s’approchent. Toujours pas une nation dominante du football continental mais certainement son plus fort représentant, Anderlecht, au passé glorieux dans son pays. Raymond Goethals, qui connaît bien ce club, tout comme Bordeaux pour avoir entraîné les deux entités, donne son avis : « Pour moi, ce sera du 50-50. L’absence côté girondin des deux latéraux Bonnissel et Jemmali va être préjudiciable, surtout qu’en face, il y a l’attaquant ivoirien Dindane, très fort et capable de faire la différence. Je pense que Bordeaux est supérieur mais si les Girondins ne creusent pas un écart suffisant à domicile, ils souffriront à Bruxelles. » Un avis partagé par  l’entraîneur de la formation belge, Hugo Broos, vainqueur de la coupe UEFA en 1983 avec Anderlecht : « On ne peut pas dire que les Girondins aient un très bon collectif mais ils disposent de joueurs qui peuvent décider du sort d'un match en quelques secondes. Et ça, c'est toujours dangereux. On le voit bien avec Pauleta qui fait gagner Bordeaux. Nous allons tenter d’apporter des réponses collectives. »

Bordeaux, triste onzième du championnat de France, doit faire de cette coupe son arc en ciel, pour ne pas définitivement sombrer dans les oubliettes du football. S’il est sûr que plus les tours passent et plus les adversaires proposés sont renommés, l’Anderlecht d’aujourd’hui n’est plus vraiment ce qu’il était et ne constitue vraiment pas un obstacle infranchissable. Les Girondins, au vu des ambitions affichées et de l’effectif rassemblé, ne peuvent se permettre de passer à la trappe lors de ce 16eme de finale. Mais l’entraîneur bordelais Elie Baup se méfie du rendez-vous : « Anderlecht vient de gagner 2-0 face à Lokeren. Ce club belge a l’avantage d’avoir une équipe expérimentée. Elle a beaucoup de métier et de qualité. La Coupe d’Europe est une autre compétition. Nous avons gagné quatre matchs sur quatre donc nous sommes plus libérés. Nous avons l’esprit plus tourné vers le jeu. Nous devrions donc montrer un visage intéressant jeudi. » Espérons pour les Girondins, s’ils ne veulent pas avoir apparaître dans les jours prochains, comme samedi dernier face à Ajaccio, une banderole des supporters : « Sortez vous les doigts ! »

(Football365)