L’Europe : Bouffée d’oxygène des Girondins
mercredi 27 novembre 2002

Les Bordelais, qui occupent actuellement une décevante onzième place en Ligue 1, veulent se servir de leurs bonnes prestations en Coupe d’Europe pour retrouver la confiance et redresser la barre en championnat.

La victoire enregistrée samedi, face à Ajaccio (1-0), pour le compte de la 16e journée de L1, porte-t-elle en elle les germes d’un renouveau girondin ? Les supporters des «Ciel et Marine» aimeraient le croire. Pourtant, les performances de leurs favoris n’en finissent pas de laisser les observateurs sceptiques. Englués dans le ventre mou du classement de Ligue 1, les hommes d’Elie Baup tardent à trouver un niveau de jeu et une régularité conformes à leurs ambitions. Annoncée comme un prétendant au titre en puissance au regard d’un potentiel offensif impressionnant (Pauleta, Darcheville, Dugarry, Feindouno), la formation girondine ne peut plus se contenter décemment d’un rôle de second couteau. Alors, quelles peuvent bien être les causes du piétinement bordelais ? L’attaque, le milieu de terrain, la défense ? Les trois conjugués ?

Si l’on considère les statistiques de ce début de saison, on s’aperçoit que les Girondins ont inscrit et encaissé sensiblement le même nombre de buts qu’une équipe comme Marseille, 3e de L1 (18 bp /16 bc pour Bordeaux, 17 bp / 15 bc pour l’OM). La ligne d’attaque des champions de France 1999, souvent brocardée pour son inefficacité, n’apparaît donc pas si catastrophique en terme de chiffres. Certes, l’entente Pauleta-Darcheville n’est qu’une vue de l’esprit et l’arrivée de Savio en provenance du Real Madrid ressemble de plus en plus au flop de l’année, mais les raisons du malaise sont ailleurs. Si l’on ne peut guère blâmer l’arrière-garde bordelaise (8e défense de L1), ni l’abattage de Costa et Smertin au milieu, c’est bien au niveau de l’envie, de l’abnégation que le bât semble blesser. Les Girondins sont moyens, donnant l’impression de fournir le «minimum syndical» à chaque sortie. Les joueurs d’Elie Baup paraissent cette saison ne pas posséder la flamme, le supplément d’âme qui permet de soulever des montagnes, comme le font chaque week-end les Aiglons niçois, lesquels ont érigé le dépassement de soi au rang de vertu première.

Feindouno, «Monsieur Coupe d’Europe»
Bordeaux manquerait donc de solidarité, de cohésion et, surtout, de combativité, trois notions indispensables à toute équipe désireuse de voyager loin. «Il a fallu s’arracher pour ramener les trois points face à Ajaccio. Maintenant, on va tenter d’être solidaires pour rester à l’affût au classement. Cette équipe est bourrée de talents, on doit donc faire beaucoup mieux», affirmait un Christophe Dugarry déterminé, au soir de la victoire bordelaise devant Ajaccio. Cette solidarité, qui fait tant défaut aux Girondins en championnat, se retrouve néanmoins en Coupe d’Europe. Cette compétition, qui apparaît cette saison comme la bouée de sauvetage des partenaires de Dugarry, doit désormais servir de catalyseur à un redressement des «Marine et Blanc» dans leurs confrontations domestiques. A cet égard, Pascal Feindouno, le «Monsieur Coupe d’Europe» des Girondins (5 buts en quatre matches) doit devenir la preuve que Bordeaux, impeccable en UEFA, peut de nouveau sévir sur le territoire national. Jeudi, les Girondins accueilleront Anderlecht au stade Chaban-Delmas, l’occasion pour eux de renouer avec la confiance. Ensuite, c’est l’AJ Auxerre, en Bourgogne, qui se présentera sur leur route dans le cadre de la 17e journée de L1. Elie Baup, à l’heure de sa causerie d’avant-match, rappellera sans doute à ses joueurs que face aux Icaunais, eux aussi engagés en Coupe de l’UEFA, c’est un véritable match de Coupe d’Europe qu’il faudra livrer…

(Sport24)