Ramé : «Dans la souffrance»
lundi 25 novembre 2002
Ulrich Ramé, le gardien girondin, analyse le début de saison chaotique de son équipe. Malgré une légitime inquiétude, il puise de l'optimisme dans le passé.
Au lendemain de cette victoire laborieuse obtenue devant Ajaccio, quel est l'état d'esprit au sein du groupe ?
Ulrich Ramé : Il y a la satisfaction d'avoir relevé la tête après la lourde défaite ramenée de Lyon. C'était important avant d'aborder la dernière ligne droite. Jusqu'à la trêve, nous allons disputer sept matches dont cinq à l'extérieur en vingt-deux
jours. Ce sera chaud jusqu'à noël. Mais l'occasion est belle de nous relancer si nous parvenons à enchaîner une série de résultats positifs. Car l'écart entre Bordeaux, 10e, et Guingamp, 4e, n'est que de deux points.
Le fait de puiser à chaque fois dans ses réserves pour arracher ou tenir un résultat n'est-il pas un facteur d'usure psychologique ?
Dans la difficulté, on cogite beaucoup plus et on s'use plus vite physiquement et mentalement. C'est à nous de bien récupérer dans ces deux domaines entre les matches, même si ce n'est pas toujours facile. Pour l'instant, rien ne nous a été épargné. Parfois, on
a même donné le bâton pour se faire battre. On sait bien que tout se fera dans la souffrance.
Comment expliquez-vous la fébrilité de l'équipe, alors qu'elle mène à la marque, que ce soit à Lyon ou contre Ajaccio ?
Par la faute de nos résultats chaotiques. La confiance est alors entamée et les mauvais souvenirs ressurgissent à la moindre contrariété. J'ai le souvenir de défaites très éprouvantes mentalement, que ce soit à Parme en Coupe d'Europe ou Calais en Coupe de
France, et il n'est jamais aisé de s'en remettre.
Peut-on parler de crise de confiance ?
Je ne sais pas. Les saisons précédentes, Bordeaux s'appuyait sur un groupe dont l'ambition était de franchir des paliers et de gagner des titres. Ce n'est pas un hasard si certains sont devenus internationaux. Cette année, le groupe, sur le plan de ses individualités
et de son palmarès, a déjà un statut. Alors, il existe une forme de suffisance par rapport aux performances. C'est notre gros problème pour le moment.
Christophe Dugarry évoque l'absence de caractères forts dans cette équipe, êtes-vous d'accord avec lui ?
Chaque individu a sa propre personnalité. Sur le terrain, tout le monde essaie d'être irréprochable, de justifier son statut. C'est à l'extérieur où il manque un vrai leader. On le sait et il faudra faire avec jusqu'à la trêve, car ce joueur n'existe pas.
Certains s'y emploient malgré tout, même si en dehors du terrain, ils ne sont pas forcément charismatiques.
Sur un plan personnel, comment jugez-vous votre début de saison ?
J'ai encaissé beaucoup trop de buts et j'ai ma part de responsabilité. Je n'ai pas toujours été décisif. Alors, je me suis remis au travail encore plus fort afin d'évacuer les mauvaises énergies et retrouver toute ma concentration. Mais la claque reçue à Lyon,
trois buts encaissés en huit minutes, me reste vraiment en travers de la gorge. Avec Parme et Calais, c'est la troisième fois où je suis habité par un sentiment de honte. Il y a une telle impuissance face aux événements qu'on a envie de tout casser.
Ne regrettez-vous pas d'être resté à Bordeaux, cette saison ?
Non, car si je ne suis pas parti, c'est que personne n'a voulu de moi.
La Coupe d'Europe reprend l'actualité cette semaine. Partagez-vous l'idée que cette compétition vous libère davantage ?
C'est vrai, la Coupe d'Europe, c'est le bon côté de ce début de saison. Mais lors du match retour face à Djurgardens, les choses auraient pu tourner à la catastrophe. On est retombé dans nos travers. Plus on avance dans la compétition, plus on va affronter des
adversaires matures et expérimentés. Ce sera à nous de faire preuve d'un peu plus de gnac et d'être plus intelligents.
| (Sud Ouest) |
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