Roche, une fin moche
lundi 25 novembre 2002
L'ancien défenseur, chargé de représenter le club officiellement, a été mis à la porte. Selon lui, pour divergences de vue avec les dirigeants.
Alain Roche n'appartient plus aux Girondins de Bordeaux. Dans son édition d'hier, notre confrère « le Parisien-Aujourd'hui » annonce en effet que le Corrézien a purement et simplement été licencié.
Dominique Imbault, le président délégué du club, nous a confirmé qu'Alain Roche était désormais libre de tout engagement, tout en refusant d'apporter plus de commentaire sur le sujet.
La nouvelle est pour le moins surprenante, compte tenu de la personnalité, du charisme d'un homme unanimement apprécié, figure emblématique d'un club où il fit l'essentiel de sa carrière. On ne peut que s'étonner si l'on se réfère aux assurances qui avaient
été formulées publiquement lorsque, dans les derniers feux de l'été, le défenseur avait annoncé qu'il raccrochait ses crampons, contraint et forcé par d'insidieuses douleurs à une cheville. C'était le 19 septembre dernier, au cours d'une conférence de presse
impromptue.
A ses côtés Dominique Imbault, le nouveau président des Girondins de Bordeaux, avait affirmé son bonheur de continuer à travailler, à travers d'autres missions, avec un garçon ayant aussi bien servi le club. « Alain va nous assister dans le domaine des relations
publiques et la détection de joueurs », avait alors dit l'ancien publicitaire. « Je suis content de pouvoir travailler avec lui. Il représentera parfaitement le club, comme il a toujours su le faire. »
Poste sans contenu. Deux mois plus tard, de tant de belles paroles, il ne reste que l'écho. Alain Roche nous a confirmé la nouvelle. « J'ai reçu une lettre de licenciement il y a quelques jours », explique-t-il sans vouloir révéler la motivation profonde
de cette lettre. « Il y a toujours des raisons à un licenciement. Je les conteste formellement. Disons qu'il y avait de grosses divergences de vue sur mon utilisation, sur certaines choses dans le club. Mes idées n'ont pas été acceptées. »
L'ancien joueur du Paris SG ne veut pas en dire plus. « Je ne veux pas polémiquer », dit-il en précisant que désormais il avait confié à son avocat le soin de régler toute cette affaire, si possible à l'amiable. « J'espère sincèrement que l'on n'aura pas
besoin d'aller aux prud'hommes. »
Ces divergences de vue interpellent. Comment pouvaient-elles être à ce point aiguës qu'elles aient entraîné le licenciement d'un tel personnage ? Portaient-elles sur un désaccord concernant son salaire ? Avant qu'il ne prenne sa retraite, il restait à Alain Roche
une année de contrat en tant que joueur.
Il est cependant évident que le poste de « représentation » avait été proposé à Alain Roche à l'issue de longues négociations, en vertu de cette année de contrat qu'il restait à honorer. Ledit poste ne contenait d'ailleurs rien de bien précis. Et il n'est
pas sûr qu'au Haillan on ait vraiment souhaité, à la fin de l'été, garder le Corrézien.
Lui voulait pourtant croire à un futur intéressant pour l'un des clubs les plus huppés du football français. Il n'en sera rien. « Je m'attendais à une autre fin », lâche Roche plein d'amertume. « Mais rien n'a été beau. Ni mes blessures, ni mes adieux, ni mon
licenciement... »
| (Sud Ouest) |
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