Les Ajacciens visent une place au soleil à côté de Bastia
vendredi 22 novembre 2002

Revenus des tréfonds du foot amateur, les insulaires veulent s'installer dans le professionnalisme.

Les sympathisants d'Ajaccio ont eu très peur au soir de la deuxième journée de championnat. Leurs protégés, contraints de jouer chez les voisins bastiais faute d'homologation de leur stade, avaient été défaits par Guingamp devant 906 spectateurs. Ce chiffre est directement entré à la huitième place du classement des plus faibles affluences enregistrées dans le championnat d'élite depuis 1945 ! Le record appartient toujours à un... Ajaccio-Angers du printemps 1973 (438 spectateurs). De quoi se poser des questions sur la viabilité économique au plus haut niveau du club de Corse-du-Sud. Depuis lors, l'Athletic Club Ajaccien (ACA) a réintégré ses pénates au stade François-Coty et le soutien populaire s'est inscrit à la hausse. Ils étaient 6 500 présents pour la venue de Nantes, 8 500 pour celle de Lyon fin octobre. La moyenne frétille au-dessus de celles de Bastia et de Monaco, les plus modestes de France en L 1. Mais Ajaccio doit souquer ferme chaque jour pour assurer sa survie. « Il y a tout à bâtir. Quand nous l'avons repris en 1992, l'ACA était un club amateur comme la France en compte des milliers. Le stade était à l'abandon. Aujourd'hui, nous ne pouvons guère compter sur l'économie ajaccienne, exsangue, avec tous les problèmes que l'on connaît », analyse Michel Moretti, le président du club.

Petit budget. Aussi les performances d'Ajaccio reposent-elles sur le plus petit budget de l'élite : 12,2 millions d'euros annoncés en début de saison, encore moins que le parent pauvre niçois. Là où les clubs professionnels tissent un réseau partenarial avec les entreprises locales, l'ACA a dû partir en quête de sponsors nationaux pour équilibrer sa trésorerie. Des enseignes qui possèdent des succursales corses ont répondu à l'appel : Gifi, les Pages jaunes, Mobi Store, Géant Casino.
Fragile, cette situation incite Michel Moretti à ne viser qu'une implantation durable d'Ajaccio dans le football professionnel, « en Ligue 1 ou en Ligue 2 ». Et à engranger les bénéfices d'un soutien public croissant. Sur ce point, la bataille n'était pas gagnée d'avance. Dans cette ville de 55 000 habitants, l'ACA souffre de la concurrence du Gazélec, aujourd'hui retombé en championnat CFA mais toujours populaire dans les classes les moins aisées de la Corse-du-Sud. « La rivalité s'est apaisée », note Michel Moretti. Elle s'est aussi calmée avec le voisin bastiais, comme l'atteste le bon déroulement du récent derby à Furiani. A Bordeaux demain soir, l'ACA se verrait bien l'objet de la fierté de toute la Corse.

(Sud Ouest)