Le ciel sur la tête
mardi 19 novembre 2002

Après avoir mené 2-1 à la pause à Gerland puis s’être finalement inclinés 4-2, les Girondins sont retombés dans leurs gros travers. Le malaise est perceptible depuis quelques temps, et désormais, Bordeaux est dans le rouge.

Un cauchemar en sept minutes
Pedro Miguel Pauleta s’exprime plus souvent avec ses pieds qu’avec la parole. L’avant-centre portugais des Girondins de Bordeaux préfère d’habitude martyriser les défenses de L1 comme on enfile des perles sur un collier, et laisser le classement des buteurs parler pour lui (8 réalisations, comme le Monégasque Nonda). Sauf que samedi soir, à Gerland, hormis le fait qu’il n’a pas marqué mais offert malgré tout un joli caviar à Sahnoun sur l’égalisation à 1-1, Pauleta en avait gros sur le cœur. Et pour une fois, il n’a pas mâché ses mots.

«Ce n’est pas Lyon qui a gagné le match, mais Bordeaux qui l’a perdu», lâchait-il en effet au micro de TPS, au sortir d’une défaite assez surprenante des Girondins, qui avaient pourtant mené deux fois au score, dont 2-1 à la pause… avant de sombrer dès le retour des vestiaires. «On prend trois buts en sept minutes, ça fait vraiment beaucoup. Il est nécessaire de changer quelque chose, il y a un vrai problème dans l’équipe». Ulrich Ramé, pêchant à quatre reprises le ballon au fond de ses filets sans vraiment y être pour grand-chose, cherchait bien à tempérer l’atmosphère – «Il ne nous reste plus qu’à rebondir dès notre prochain match contre Ajaccio, en nous disant que ce n’est ni la fin du monde ni la fin du championnat» -, mais l’orage commence à gronder.

Baup, un coup derrière la casquette
Le coach girondin n’était d’ailleurs pas moins accablé par ce vent mauvais. Torse bombé malgré le souffle contraire, Elie Baup cherchait quand même des réponses à cet inexplicable coup de bambou. «Je n’ai toujours pas compris pourquoi, après le repos, on a été en retard comme cela dans l’entame de deuxième période, s’interrogeait-il dans L’Equipe. A partir de l’égalisation, on est plus du tout dans le match, on n’est pas assez costaud pour répondre. Il n’y a plus ce harcèlement fourni en première période qui nous avait permis de revenir. Et comme il n’y avait plus de pressing, après, il y a eu le feu, un ouragan en sept minutes. Au final, c’est une défaite difficile à encaisser». Fataliste Elie Baup ? Résigné ? Ce n’est pourtant pas le genre de la maison.

Mais que faut-il entendre quand l’emblématique technicien aquitain lâche, en bout de course : «Cela fait aussi un moment que je ne regarde plus trop devant au classement». Difficile dans ces conditions de voir Duga and Co retrouver le chemin de l’ambition, dès lors que l’homme à la casquette se mette le premier à renoncer… Tout cela sent la fin de cycle à plein nez. Nul doute que dans les bureaux feutrés du château du Haillan, on commence désormais à réfléchir sérieusement aux droits de succession. Bordeaux est aujourd’hui 11e avec 20 points, et après les efforts consentis à l’intersaison (Darcheville-Savio-Caneira) et les ambitions affichées (la Ligue des Champions), tout cela fait quand même assez désordre. Et dans un château, le désordre, c’est souvent le signe avant-coureur d'une révolution…de palais.

(Sport24)