Feindouno, le bourreau de Djurgarden
jeudi 14 novembre 2002

Le jeune international guinéen Pascal Feindouno, auteur mardi soir face aux Suédois de Djurgarden des deux buts de la victoire et de la qualification pour les 16e de finale de la Coupe de l'UEFA, a été le héros de ce deuxième tour européen...

Pascal Feindouno gardera un bon souvenir de cette équipe championne de Suède et vainqueur de la Coupe nationale contre laquelle il a été sur les deux matches le seul buteur bordelais.

"En Coupe d'Europe, le système de jeu n'est pas le même qu'en championnat et cela nous permet avec trois milieux récupérateurs d'être bien en place défensivement", souligne le héros bordelais.

A l'aller il avait déjà, par quelques dribbles chaloupés et des accélérations ravageuses, fait la différence et marqué l'unique but de la partie.

Mardi soir, il a éclaboussé la pelouse du Stade Chaban-Delmas de tout son talent durant l'essentiel de la partie, donnant le tournis aux défenseurs adverses, notamment le latéral gauche Michaël Dorsin, qui n'a jamais trouvé la solution pour le stopper, sinon irrégulièrement.

Il devait d'ailleurs être récompensé de ses efforts par un but à la 37e minute où après avoir laissé Dorsin sur place le long de la ligne, il se décalait et des 20 mètres logeait la balle juste sous la transversale de Andreas Isaksson.

Toujours dans les bons coups, il doublait la mise peu après la pause, à la suite d'un travail, de son compère Jean-Claude Darcheville.

La machine bordelaise et son turbo guinéen tournaient bien alors mais à vingt minutes de la fin, elle devait commencer à se gripper.

Toujours en vue Pascal Feindouno en artiste trop euphorique vendangeait alors deux occasions.

LE PUBLIC INDULGENT

"Sur la fin on s'est montré un peu trop euphorique. C'est vrai que ce soir je peux marquer trois ou quatre buts. J'ai tenté un lob et je me suis fait sermonner", reconnaît-il.

Manque de concentration dans le replacement, fatigue physique selon Kodjo Afanou, tout cela allait être exploité par les Suédois qui réduisaient la marque à la 73e minute par Johan Elmander et jusqu'à la fin allaient mettre les Bordelais en difficultés.

Mais c'est encore le Guinéen qui sauvait la victoire en repoussant sur sa ligne un ballon d'égalisation en fin de match.

"Il y a eu de très bonnes choses pendant une heure. Pour nous c'est une très bonne chose d'avoir gagné encore une fois à domicile", estime Feindouno.

Peu utilisé en début de saison par l'entraîneur Elie Baup, Pascal Feindouno revenu au club après une saison de prêt à Lorient, a patienté dans l'ombre des titulaires, subi les remarques d'un coach souvent exigeant à son égard, mais a persévéré.

Le peu de réussite de l'international espoirs Camel Mériem qui, de titulaire, est passé à un poste de remplaçant de luxe il y a quelques semaines, lui a redonné une occasion qu'il a su saisir.

Pourtant, malgré sa prestation de haut niveau, il a dû subir les foudres de son entraîneur qui ne lui a pas pardonné de s'être enflammé dans le dernier quart d'heure.

"Je n'ai pas apprécié d'avoir encaissé un but et d'avoir vu des gestes folkloriques. Il ne faut pas tout foutre en l'air en rajoutant des gestes inutiles. C'est un avertissement. J'espère qu'il sera entendu", a déclaré Baup, très en colère.

Le public bordelais est plus indulgent et lui manifeste régulièrement son affection : il n'a pas oublié que c'est lui qui avait inscrit à Paris dans les ultimes secondes le but qui donnait le titre de champion de France 1999 aux Girondins.

(Reuters)