Baup : "La mentalité de la gagne"
samedi 9 novembre 2002
Elie Baup, qui reçoit Rennes avec Bordeaux à 17h15, pour la 14e journée de L1, attend des siens un état d'esprit irréprochable. L'entraîneur girondin, surpris que certains aient parlé du titre en début
de saison, compte ramener son équipe sur terre. Interview.
Bordeaux est à la recherche de sa première victoire depuis le 21 septembre. Que faudra-t-il faire pour vaincre Rennes ?
E.B. : Simplement mettre un but de plus que l'adversaire ! (rires). Trêve de plaisanterie, on a été dans un moment plutôt difficile au niveau des résultats. Il y a une amorce de redressement sur les derniers matches. On est allés gagner en Suède (0-1), contre le champion national Djurgårdens IF, qui dispute également la finale de la Coupe ce week-end. On a gagné 1-0 puis on est allé à Nantes -un match difficile-, et on a fait 0-0. On est donc dans une période de reconstruction parce que, quelque part, on ne prend pas de buts. Samedi, il faudra ajouter la transformation des occasions que l'on s'est créées sur ces deux derniers matches que l'on n'a pas toujours réussis.
Cette équipe de Rennes, désormais sous l'ère Halilhodzic, après son premier coup à Sedan (0-1), reste sur un nul et une défaite. Mais on a l'impression que ce n'est plus la même...
E.B. : Vous savez, Philippe Bergeroo avait fait de bonnes choses, il avait eu ses difficultés. Vahid Halilhodzic fait aussi de très bonnes choses. C'est le lot de ces équipes en début de saison, qui changent d'entraîneur, qui change leur jeu. Rennes a toujours été une équipe composée de joueurs de talent. Ce sont les mêmes joueurs et il y a bien un moment où ils doivent exprimer leurs qualités. Je pense par exemple à des garçons comme Piquionne, Delaye, Monterrubio, Battles. Ce sont des bons joueurs. Le jour où ils vont trouver leur plénitude, Rennes fera des résultats.
Quel regard avez-vous sur ce Vahid Halilhodzic, qui laisse quand même rarement indifférent ?
E.B. : C'est quelqu'un de rigoureux, qui a mis en place des équipes pour avoir des résultats. Après, chaque entraîneur a sa sensibilité, ses approches, son management. Aujourd'hui, le rôle de l'entraîneur est très complexe. Chacun essaie au mieux de mener son équipe avec un climat de confiance.
Vous le disiez, Bordeaux n'a pas encaissé de but lors de ses deux dernières rencontres. Est-ce que c'est finalement en commençant par se rassurer derrière que Bordeaux pourra repartir de l'avant ?
E.B. : Un moment donné, on a voulu trop jouer, trop penser à l'aspect offensive, à la créativité, à la finition. On a des joueurs de talent au niveau offensif mais ce sont avant tout des attaquants. On s'est un peu laissés aller à des approches offensives et ça s'est retourné contre nous. Contre Sedan, par exemple, on mène 2-1 et on a l'occasion d'en mettre un troisième une fois, deux fois... On le met pas et à la sortie on se fait contrer et on prend un but. A Marseille pareil. On fait un gros match à l'extérieur, on a des occasions, un penalty, on concrétise pas tour cela et à l'arrivée c'est un match nul et la perte de points. En insistant sans arrêt sur le jeu offensif, on a oublié qu'il fallait être en place. Derrière, ce qui est arrivé c'est que l'on a pris des buts et qu'aujourd'hui, il faut recommencer par la base : ne pas prendre de but.
Finalement, c'est peut-être moins de spectacle pour plus de résultats...
E.B. : Le spectacle ? Il y a toujours quand même des joueurs de qualité capables d'emmener des actions mais que tout le monde veuille résoudre l'aspect offensif par des passes décisives ou par un comportement individuel pour réussir à marquer un but, il faut mettre ça de côté pour avoir plus une dimension plus collective. La dimension collective, l'état d'esprit est affiché avant tout dans la récupération du ballon.
David Jemmali a déclaré récemment qu'il manque peut-être un leader depuis le départ d'Alain Roche. Vous êtes d'accord avec lui ?
E.B. : Chacun dans ces moments trouve des solutions qui n'existent pas, qui ne sont pas là. La réalité est que chacun doit se responsabiliser. On ne s'improvise pas leader comme ça. C'est vrai que dans le passé un Michel Pavon tenait ce rôle, Alain Roche lui a succédé. Aujourd'hui, il n'y a pas quelqu'un nominativement quelqu'un. Il y a Christophe Dugarry qui est le leader de l'équipe mais qui a un positionnement un peu plus haut sur le terrain. Si David Jemmali a dit ça c'est parce qu'il y avait peut-être cet écart entre la ligne des défenseurs et un attaquant et que c'est difficile pour un attaquant de gérer un placement défensif. Mais il y a des joueurs qui peuvent assumer ce rôle. Ils doivent l'assumer tous ensemble comme Sommeil, Afanou, etc... Il y a des possibilités que quelqu'un se révèle leader défensif.
Un petit mot sur votre attaque. Est-ce que vous avez l'impression que quand Pauleta est un peu moins en réussite, vous manquez de solutions ?
E.B.: Il a d'autres solutions, il y a Pascal Feindouno, qui a marqué, qui s'est créé des occasions, il y a aussi Jean-Claude Darcheville et Savio aussi. Il y a d'autres solutions, mais c'est l'attaquant de pointe de notre équipe. Et, quelque part, il serait anormal que les actions ne se terminent pas par lui, ça ne serait pas logique. Il est plus normal de voir Pauleta à la conclusion car c'est notre attaquant de pointe, plutôt qu'un défenseur central... C'est la panique... A partir de là, les occasions qu'il a, il faut qu'il les transforme et tout est magnifique... Mais, malgré tout, c'est lui qui se les rpocure et se retrouve face au gardien.
Il y a peu, Pauleta regrettait que certains Bordelais se soient mis à parler un peu trop tôt de la course au titre. Est-ce que c'est également votre sentiment ?
E.B.: Par expérience, pour en avoir vécu quelques uns, je sais que tous les championnats se décident dans les dernières journées. Je n'avais pas apprécié du tout. Il faut d'abord parler des matches qui viennent, d'avoir cette mentalité de la gagne. Ensuite seulement, on voit le nombre de points que l'on a et la situation qui en résulte.
| (Eurosport) |
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