Imbault prône l'action
jeudi 7 novembre 2002
Les grands clubs européens limiteront les salaires à partir de 2005. Pas suffisant pour éviter une crise financière selon Dominique Imbault, le président des Girondins.
Mardi soir à Bruxelles, les dirigeants de dix-huit des plus grands clubs européens réunis au sein du G 14 (1) ont décidé d'instaurer un contrôle de la masse salariale à compter de la saison 2005-2006.
Les salaires (secteur sportif et non-sportif des clubs) ne devront plus dépasser 70 % du chiffre d'affaires annuel. Les dix-huit invitent tous les autres clubs à suivre cette recommandation. Ceci vise à éviter la crise financière qui se profile dans nombre de
championnats européens, avec des coûts salariaux toujours à la hausse et des recettes au mieux stationnaires, sinon en diminution.
Cet effet de ciseau, qui fait d'autant plus peur aux clubs que les droits de diffusion télévisée baisseront sans doute à l'avenir, a déjà fait quelques victimes. En Italie, la Fiorentina a disparu purement et simplement du paysage. La Lazio de Rome a dû « dégraisser
» spectaculairement en début de saison pour sauver ses comptes. Dans le championnat français, c'est l'AS Monaco qui connaît actuellement de sérieux soucis. Bref, alors que l'appel d'offres de l'UEFA (Union européenne de football) pour les droits télé de la ligue
des champions sera clôturé la semaine prochaine, l'économie du football tangue dangereusement.
Président délégué des Girondins de Bordeaux depuis l'été dernier, Dominique Imbault trouve le remède des dix-huit bien modeste par rapport au mal. « Si leur ambition se limite à réduire la masse salariale à 70 % du chiffre d'affaires en 2005-2006, beaucoup de
clubs ne s'en sortiront pas d'ici là. Vu les difficultés actuelles, il est évident qu'il faudrait agir dès l'an prochain sur la masse salariale. Je peux certifier qu'aux Girondins de Bordeaux, elle est inférieure aujourd'hui à cette barre de 70 %. Il faut bien
voir que pour une PME normale, les salaires se situent entre 50 et 55 % du chiffre d'affaires. Dans le football, comme dans le show-business, on ne peut pas appliquer strictement cette règle. Mais il est clair qu'on ne peut pas continuer comme cela », dit-il.
Prise de conscience. Ceci étant, Dominique Imbault pense que, même timide, la prise de conscience des grands clubs est à saluer. « A partir du moment où l'instance européenne qu'est l'UEFA ne parvient pas à réguler l'économie du football, il est très
bien que les clubs eux-mêmes s'en chargent », dit-il.
Aussi n'exclut-il pas de faire partie à l'avenir d'un cénacle plus large d'une trentaine de grands clubs européens, susceptibles de peser d'une seule voix sur les décisions. Aux Girondins de Bordeaux, on revendique un budget 2002-2003 de 55 millions d'euros, loin
derrière Lyon (100 millions d'euros) et le Paris SG (78 millions d'euros), les deux poids lourds du football français qu'abrite le G 14. « Si on songe à l'élargir, on pense à Bordeaux et à Lens en France. A Auxerre aussi. Mais sur les dix dernières années,
Bordeaux est le club français qui compte le plus de participations européennes et qui obtient les meilleurs résultats en championnat. Bordeaux est incontournable », plaide-t-il. A suivre.
(1) Le G 14 compte dix-huit membres : Milan AC, Inter Milan, Juventus Turin (Italie), FC Barcelone, Real Madrid, FC Valence (Espagne), Borussia Dortmund, Bayern Munich, Bayer Leverkusen (Allemagne), Liverpool FC, Manchester United, Arsenal (Angleterre), Ajax Amsterdam,
PSV Eindhoven (Pays-Bas), Olympique Lyonnais, Paris Saint-Germain, Olympique de Marseille (France), FC Porto (Portugal).
| (Sud Ouest) |
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